Axe 4. Entre l’humain et le non-humain : recompositions critiques
Cet axe se fonde sur un double constat : tout d’abord la prise de conscience du bouleversement ou de l’appauvrissement des écologies humaines nommé « Anthropocène » s’est traduit en sciences humaines par le déploiement d’enquêtes visant à repeupler les sciences sociales avec de nouveaux existants (appelés jusqu’ici et par défaut « non-humains »), ainsi que par une attention accrue aux corrélations et aux interdépendances entre des phénomènes à échelle profondément variable. Le second constat est celui de la montée croissante d’une sensibilité politique qui tente de remettre au centre du jeu l’habitabilité et en souligne le caractère à la fois relationnel et matériel. Paradoxalement, tout semble néanmoins fait pour invisibiliser ces deux aspects : la matérialité de ce qui nous entoure, des infrastructures, des milieux, des processus de composition, mais aussi les chaînes d’interdépendance écologiques, la diversité des modes d’association et de relation.
Si l’anthropologie des trente dernières années a largement contribué à faire de ce point de vue la critique du projet des modernes, synonyme d’appauvrissement voire d’épuration de la composition du monde, mais aussi d’imposition d’une division entre l’humain et le non-humain en partie fondée sur l’attribution de capacités et des relations anthropocentrées, les travaux de cet axe visent sur un plan empirique à prolonger le mouvement initié tout en le renouvelant radicalement sur le plan théorique. Trois sortes de problèmes se posent : Comment décrire ce dont les choses et les environnements humains se composent ? Jusqu’à quelles échelles est-il intéressant pour l’anthropologie de se situer ? À quels (im)perceptibles faut-il se rendre sensible ?