Maluwana : un objet d’art autochtone wayana entre appropriation culturelle et arts de la scène

Aimawale Opoya  est un chef traditionnel wayana de Guyane et un artiste de maluwana, ou « ciels de case ». Il fabrique et peint ces disques de bois ornés de motifs zoomorphes, traditionnellement disposés dans la maison d’usage collectif. Avec leur mise en circulation hors du cadre villageois, ces pièces sont progressivement devenues l’expression d’un art autochtone. Cette artialisation n’a pas été sans conséquences : d’une part, l’objet a donné lieu à des contrefaçons commerciales produites de manière quasi industrielle en Guyane ; d’autre part, il est devenu le support de nouvelles initiatives créatrices débordant le cadre de la simple circulation marchande.

Ce projet, adossé à l'accueil en résidence à la MSH Mondes, permettra à Aimawale Opoya de s'interroger sur les enjeux de son statut d’artiste wayana à partir des défis contemporains posés par l’objet qu’il crée et dont le devenir se joue aujourd’hui, pour les Wayana comme pour lui-même, entre sa labellisation – destinée à prévenir les formes indues d’appropriation culturelle – et de nouvelles formes de mise en visibilité, associées aux arts du spectacle. Le maluwana apparaît ainsi comme un objet qui se fait et se refait « à plusieurs », entre artistes autochtones, juristes, performeurs et anthropologues tandis que les projets de recherche-action et de recherche-création contribuent désormais à en infléchir le destin en jouant un rôle important dans les processus contemporains de patrimonialisation culturelle autochtone.

Ce projet émerge à la jonction de plusieurs expériences passées ou en cours où Aimawale Opoya dans les mondes de la recherche et des arts du spectacle. Il s'inscrit d'une part dans le prolongement du projet de recherche-action Création d’un Label Wayana-Apalai : protection des motifs et modèles de l’art traditionnel (MNHN/PALOC) porté par Marie Fleury avec la collaboration de Marine Calmet (des détails ici) et dans celui, en cours, de production du spectacle Silikë : le ciel dans la terre produit par le GdRA (mise en scène de Christophe Rulhes). Il est s'inscrit aussi dans la continué des liens établis par Aimawale Opoya dans le cadre du projet SAWA (LaBeX Les passés dans le présent, mqB-JC, Erea-Lesc) dont il a été un important collaborateur.

Partenaires
Aimawale Opoya
Vincent Hirtzel
Marie Fleury
Christophe Rulhes
Marine Calmet
Paz Núñez-Regueiro
Henri Sergent

QUINCONCE, art mésoaméricain et création circassienne

Projet lauréat 2025 de l'appel « Arts : Mondes en action, mondes en réflexion »

Le projet vise à croiser les sciences sociales et la création circassienne, en explorant l’axe de recherche « création et représentations artistiques dans les savoirs scientifiques ». Il est porté par une équipe pluridisciplinaire composée de chercheuses en anthropologie et histoire, d’une artiste de cirque et d’une artiste-chercheure « ethnofunambule ».

Les activités prévues se dérouleront au Mexique de 2026 à 2028 et incluent : l’exposition Acrobacia mesoamericana de ayer y de hoy au Musée National d’Anthropologie et Histoire de Mexico (en partenariat avec Artes de México), un colloque international sur les spectacles rituels, une publication scientifique et grand public, ainsi que la création d’un spectacle inspiré de la méthodologie de la recherche-création sur le thème du quinconce mésoaméricain.

Les résultats du projet seront restitués tant au grand public qu’aux communautés indiennes, avec une rencontre finale dans ces dernières.

Objects and life-cycle rituals in the Northwest Amazon and Central Brazil: Crossbreeding fieldwork, museum studies and the history of anthropology

Although it is well known that South American Lowlands Indigenous peoples have a remarkably sophisticated material life (Santos Granero 2009; Miller 2019), few recent studies have explicitly focused on the subject. Likewise, despite a surge in research volume, descriptions emphasizing affinity-based relationships overshadow those focused on descent relations (either between humans or with mythical ancestors). This project aims to contribute to discussions on the region's diverse object regimes, emphasizing ritual contexts where the creation of ornaments, musical instruments, and other artifacts handed down from one generation to the next is directly tied to more vertical relations or the "recapitulation of the development of the ancestral stock" (Goldman, 2004, p. 186). Focusing on life-cycle rituals among the Cubeo in Northwest Amazon and Bororo in Central Brazil – whose study can be considered as constitutive of South Americanist anthropology (Lévi-Strauss 1936; Goldman 1968) and who both figure among the very rare true segmentary societies of Lowland South America (Viveiros de Castro 1996, p.188),– our project stands out by shifting attention to nomination and male initiation as key to intergenerational transmission, in order to shed new light on Amazonian ritual paraphernalia and the history of Anthropology.

Participants :

Philippe Erikson

Maria Luisa Lucas

Manon Hias

Pedro Almeida Meniconi

 

Dik@ré: dictionnaire numérique et participatif yurakaré

Le projet dik@ré se propose d’offrir une base de données lexicales numériques de la langue yurakaré, une langue isolée d’Amazonie bolivienne à l’Institut de langue et culture yurakaré (ILC-Y) antenne locale de l’Institut plurinational des langues et cultures (IPLC) rattaché au ministère de l’Éducation en Bolivie. Il a pour contexte un groupe amazonien qui, d’un côté, abandonne sa langue pour l’espagnol, mais, de l’autre, est soutenu par une politique étatique de promotion identitaire et de préservation linguistico-culturelle. Fruit d’un réseau de collaborations internationales unissant des locuteurs de la langue et des chercheurs (deux linguistes et un anthropologue), il se propose de produire un dictionnaire papier, un dictionnaire en ligne ainsi que la base de données lexicales numériques qui permettra à l’ILC-Y de poursuivre l’étude et la promotion de la langue. Outre sa dimension collaborative, son engagement vis-à-vis de la restitution des données de la recherche, il inclut également un volet critique et réflexif qui permettra de questionner les politiques culturelles et linguistiques de l'Etat plurinational de Bolivie, les idéologies linguistiques qui s'y redefinissent et  l'appropriation par les autochtones du numérique.

Partenaires financeurs hors MSH Mondes

Awesome Foundation
Foundation for endangered languages
ERC SAPPHIRE

Collaborateurs

Gerónimo Ballivían, La Misión, río Chaparé
Ascencio Chávez, Nueva Galilea, río Chaparé
Alina Flores, San Pablo, río Isiboro
Rufino Yabeta, Nueva Lacea, río Sécure
Germán Maldonado, coordinateur, ILC-Y, Chimoré
Mercy Noe, ILC-Y, Chimoré
Daniel Chávez, ILC-Y, Chimoré
Mónica Yabeta, ILC-Y, Trinidad
Julen Villarreal Moreno, Leiden University
Rik van Gijn, Leiden University
Valentin Chabaux, MSH-Mondes
Vincent Hirtzel, Erea-Lesc, CNRS


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Germán Maldonado, Mercy Noe et Daniel Ballivían, ILC-Yurakaré, Chimoré / V. Hirtzel, 2024.

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