Loin des montagnes et des vallées. Resignifier les « lieux sacrés » au sein des communautés q’eqchi’ du Petén (Guatemala)
Thèse réalisée sous la direction de Valentina Vapnarsky et Sergio Romero
Jury (par ordre alphabétique) :
- Chloé ANDRIEU (CR CNRS, ARCHAM), Examinatrice
- Laurence CHARLIER ZEINEDDINE (MCF, UTJ2), Examinatrice
- Pierre DÉLÉAGE (DR CNRS, LAS), Rapporteur
- William F. HANKS (Professeur, UC Berkeley), Examinateur
- Cécile LEGUY (Professeure, USN-Paris 3), Rapportrice
- Sergio ROMERO (Professeur associé, UT Austin), Directeur
- Valentina VAPNARSKY (DR CNRS, DE EPHE, LESC-EREA), Directrice
- Isabel YAYA MCKENZIE (MCF, EHESS), Examinatrice
Résumé : La thèse analyse les rapports que les communautés q’eqchi’ déplacées dans le Petén (Guatemala) entretiennent avec des « lieux sacrés ». Des expressions aux significations distinctes coexistent dans ce contexte multilingue, comme lugares sagrados et son calque q’eqchi’ loq’laj na’ajej. Leur diffusion, depuis la seconde moitié du xxe siècle, s’inscrit dans l’essor des notions de patrimoine et d’héritage culturel, sous l’impulsion des mouvements politiques mayas, en résonance avec les courants New Age et « néo indien » dans un contexte postguerre et postgénocide. Ces lieux articulent des rapports complexes à l’identité, à l’histoire et aux antécesseurs aujourd’hui désignés comme « Mayas » et supposés avoir habiter ces sites, les avoir construits, voire s’y incarner dans le présent. Ils font écho à des dynamiques observées ailleurs, où certains lieux deviennent des instruments politiques pris dans des récits nationaux ou identitaires, traversés par des enjeux économiques et écologiques majeurs. À partir d’une ethnographie de 16 mois, la thèse montre en quoi la catégorie des « lieux sacrés » s’incarne de différentes manières dans les discours, oscillant entre des lieux emblématiques d’identités autochtones idéalisées et des lieux-entités avec lesquels il convient d’interagir avec prudence au quotidien, ou plus directement en contexte rituel. À partir d’une approche d’anthropologie linguistique et pragmatique, la thèse défend l’idée que la catégorie des « lieux sacrés » fait l’objet de réinterprétations constantes et participe localement de formes de résistances et d’adaptation politique dans une société rongée par l’extractivisme et la colonialité.
Mots clés : Ancestralité ; Anthropologie linguistique ; Guatemala ; identité maya ; « lieux sacrés » ; Q’eqchi’ ; régimes d’historicité et temporalité ; « spiritualité maya »
La soutenance est publique et sera suivie d'un pot convivial.