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CATEGORIES:Séminaire du CREM, CREM
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SUMMARY:Un studio dans la poche. Comment se chante, s’enregistre et se diffuse la jeunesse sur le fleuve Oyapock (Guyane) ?
LOCATION:Lesc – salle 308F (3e étage) - 21\, allée de l’Université\, Nanterre\, \, 9
 2000\, France
DESCRIPTION:Avec Florent Wattelier (https://www.lesc-cnrs.fr/en/profil-utilisateur/fwat
 telier)\nDepuis plusieurs décennies, une forme de globalisation culturelle 
 entraine la circulation de plus en plus rapide de genres musicaux exogènes 
 dans les villages amérindiens (teko et wayãpi) de la vallée de l’Oyapock da
 ns l’est des Guyanes. Zouk, konpa, reggae, dancehall, brega, rap, … Tous ce
 s genres font aujourd’hui partie des habitudes d’écoute des jeunes gens et 
 de leurs aînés au quotidien, et lors des réunions de boisson. Depuis peu, c
 ependant, la réappropriation de musiques importées a pris une nouvelle form
 e et ne se limite plus seulement aux pratiques d’écoutes : de jeunes gens c
 hantent maintenant dans leur(s) langue(s) leurs aspirations sur des pistes 
 instrumentales de reggae, de dancehall ou de rap. Les titres enregistrés ci
 rculent de village en village depuis leur foyer de production et intègrent 
 ainsi les répertoires d’écoute des réunions de boissons, côtoyant des objet
 s musicaux globalisés issus des plus grands studios régionaux (Caraïbes) ou
  mondiaux (Etats-Unis, Europe).\nLà où il y a encore quelques années, enreg
 istrer un titre pour les chanteurs imposait de recourir aux services d’un s
 pécialiste tiers, il est aujourd’hui possible de graver ses inspirations pa
 r soi-même, sans apparente intermédiation, sur le moment et sans formation 
 aux techniques de prise du son grâce à son smartphone. La miniaturisation d
 e la technologie permet aujourd’hui aux jeunes chanteurs de se promener ave
 c leur studio d’enregistrement dans la poche. L’accessibilité (gratuité et 
 disponibilité des applications sur smartphone) et la facilité d’utilisation
  (pas besoin de connaissances d’ingénierie sonore) permettent une productio
 n rapide et testimoniale des inspirations musicales. Le musicien se situe a
 insi dans cette position paradoxale où il se trouve dans une forme de dépen
 dance vis-à-vis de l’extérieur (pour le développement de la technologie d’e
 nregistrement, et pour l’offre de pistes instrumentales sur lesquelles pose
 r sa voix), mais en même temps dans un réseau bien plus resserré dans son l
 ien entre les prémices de sa créativité et la pièce musicale en tant qu’obj
 et de diffusion sorti du studio.\nCette communication sera l’occasion de pr
 ésenter les avancées d’une recherche s’appuyant à la fois sur mon travail d
 e thèse et sur les données plus récentes issues à mon dernier séjour sur l’
 Oyapock en juillet-août 2022. A partir de l’observation des transformations
  rapides à l’œuvre dans le champ des musiques enregistrées sur le moyen Oya
 pock, je proposerai des pistes de réflexion afin de comprendre ce qu’une pr
 atique musicale portée finalement par un nombre réduit de musiciens fait po
 ur les habitants du moyen Oyapock dans leur ensemble, et pour la jeunesse e
 n particulier. Je m’attarderai également sur les défis méthodologiques prop
 res à une recherche sur des objets musicaux numériques, en particulier sur 
 le suivi des circulations desdits objets.\nIllustration : Fernando Yakali s
 ’enregistre avec son smartphone. Image fixe tirée du film « Camopi One » de
  Laure Subreville (2022).\n
X-ALT-DESC;FMTTYPE=text/html:<p><img src="https://mail.lesc-cnrs.fr/images/vstoichita/Image_-_Fernando_Y
 akali_2022.png" width="250" height="141" alt="Image Fernando Yakali 2022" s
 tyle="margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; float: left;" />Avec <a href
 ="https://www.lesc-cnrs.fr/en/profil-utilisateur/fwattelier" target="_blank
 " rel="noopener">Florent Wattelier</a></p><p>Depuis plusieurs décennies, un
 e forme de globalisation culturelle entraine la circulation de plus en plus
  rapide de genres musicaux exogènes dans les villages amérindiens (teko et 
 wayãpi) de la vallée de l’Oyapock dans l’est des Guyanes. Zouk, konpa, regg
 ae, dancehall, brega, rap, … Tous ces genres font aujourd’hui partie des ha
 bitudes d’écoute des jeunes gens et de leurs aînés au quotidien, et lors de
 s réunions de boisson. Depuis peu, cependant, la réappropriation de musique
 s importées a pris une nouvelle forme et ne se limite plus seulement aux pr
 atiques d’écoutes&nbsp;: de jeunes gens chantent maintenant dans leur(s) la
 ngue(s) leurs aspirations sur des pistes instrumentales de reggae, de dance
 hall ou de rap. Les titres enregistrés circulent de village en village depu
 is leur foyer de production et intègrent ainsi les répertoires d’écoute des
  réunions de boissons, côtoyant des objets musicaux globalisés issus des pl
 us grands studios régionaux (Caraïbes) ou mondiaux (Etats-Unis, Europe).</p
 ><p>Là où il y a encore quelques années, enregistrer un titre pour les chan
 teurs imposait de recourir aux services d’un spécialiste tiers, il est aujo
 urd’hui possible de graver ses inspirations par soi-même, sans apparente in
 termédiation, sur le moment et sans formation aux techniques de prise du so
 n grâce à son smartphone. La miniaturisation de la technologie permet aujou
 rd’hui aux jeunes chanteurs de se promener avec leur studio d’enregistremen
 t dans la poche. L’accessibilité (gratuité et disponibilité des application
 s sur smartphone) et la facilité d’utilisation (pas besoin de connaissances
  d’ingénierie sonore)&nbsp;permettent une production rapide et testimoniale
  des inspirations musicales. Le musicien se situe ainsi dans cette position
  paradoxale où il se trouve dans une forme de dépendance vis-à-vis de l’ext
 érieur (pour le développement de la technologie d’enregistrement, et pour l
 ’offre de pistes instrumentales sur lesquelles poser sa voix), mais en même
  temps dans un réseau bien plus resserré dans son lien entre les prémices d
 e sa créativité et la pièce musicale en tant qu’objet de diffusion sorti du
  studio.</p><p>Cette communication sera l’occasion de présenter les avancée
 s d’une recherche s’appuyant à la fois sur mon travail de thèse et sur les 
 données plus récentes issues à mon dernier séjour sur l’Oyapock en juillet-
 août 2022. A partir de l’observation des transformations rapides à l’œuvre 
 dans le champ des musiques enregistrées sur le moyen Oyapock, je proposerai
  des pistes de réflexion afin de comprendre ce qu’une pratique musicale por
 tée finalement par un nombre réduit de musiciens fait pour les habitants du
  moyen Oyapock dans leur ensemble, et pour la jeunesse en particulier. Je m
 ’attarderai également sur les défis méthodologiques propres à une recherche
  sur des objets musicaux numériques, en particulier sur le suivi des circul
 ations desdits objets.</p><p>Illustration&nbsp;: Fernando Yakali s’enregist
 re avec son smartphone. Image fixe tirée du film «&nbsp;Camopi One&nbsp;» d
 e Laure Subreville (2022).</p>
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