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SUMMARY:Créolisations musicales avec Denis-Constant Martin, Aurélie Helmlinger et Nicolas Prévôt
LOCATION:MSH Mondes (bât. Weber)\, salle 2 (RDC) - 200 avenue de la République\, Nan
 terre\, \, 92000\, 
DESCRIPTION:D’après Édouard Glissant, « la créolisation est la mise en contact de plusi
 eurs cultures ou, au moins de plusieurs éléments de cultures distinctes, da
 ns un endroit du monde, avec pour résultante une donnée nouvelle, totalemen
 t imprévisible par rapport à la somme ou à la simple synthèse de ces élémen
 ts. » (Traité du Tout-Monde, 1997, p. 37) En partant de cette approche de l
 a créolisation, il s’agira d’interroger si cette « donnée nouvelle, totalem
 ent imprévisible » a été rencontrée dans les musiques et performances nord-
 américaines, trinidadiennes, et indonésiennes présentées lors de cette demi
 -journée du séminaire du CREM.\nAu travers d’études de cas particulières, q
 ui mettent en jeu de manières diverses les productions culturelles qui ont 
 émané des rencontres forcées à différentes périodes historiques entre colon
 s européens, populations locales, esclavisé.e.s et afro-descendant.e.s, les
  travaux confronteront les référentiels multiples qui composent les imagina
 ires, les instrumentariums, les chants, les pratiques et représentations de
 s musiques et performances issues de ces histoires connectées.\n14h-15h15 :
  \nDenis-Contant Martin (LAM, Sciences-Po Bordeaux)\nLa créolisation des mu
 siques noires des États-Unis. L’intérêt des récits d’anciens esclaves recue
 illis dans les années 1930\nDiscussion collective\n15h30-18h : \nAurélie He
 lmlinger (CNRS, CREM-LESC)\nLes Midnight Robbers de Trinidad &amp; Tobago :
  fabrique d’un discours créole\nNicolas Prévôt (UPN, CREM-LESC)\nFanfares d
 e bambou à Sulawesi : « grand remplacement » musical ou créolisation ?\nDis
 cussion collective et remarques conclusives\n \nDenis-Contant Martin (LAM, 
 Sciences-Po Bordeaux)\nLa créolisation des musiques noires des États-Unis. 
 L’intérêt des récits d’anciens esclaves recueillis dans les années 1930\nDa
 ns le cadre du New Deal destiné à combattre les effets de la crise de 1929 
 aux États-Unis, le gouvernement du président Roosevelt lança un programme d
 estiné à fournir du travail à des écrivains (Federal Writers’ Programme) ; 
 dans ce cadre fut constituée une Collection de récits d’esclaves (Slave Nar
 ratives Collection). En dépit des problèmes méthodologiques posés par les c
 onditions du recueil de ces récits, on y trouve une grande quantité d’infor
 mations sur les pratiques musicales et chorégraphiques des esclaves durant 
 la dernière période de l’esclavage (des années 1840 aux années 1860). Ces i
 nformations, peu utilisées par les historiens des musiques noires des États
 -Unis, permettent d’enrichir l’analyse en termes de créolisation de la genè
 se des musiques noires de ce pays telles qu’elles apparaîtront au début du 
 20ème siècle (sous les étiquettes jazz, blues et gospel). Cette présentatio
 n introduira d’abord la problématique de la créolisation appliquée à ces mu
 siques pour, ensuite, synthétiser les apports des récits d’anciens esclaves
 .\nFig. : Dance, Lynchburg, Virginia, 1853.\nDenis-Constant MARTIN, directe
 ur de recherches à la Fondation nationale des sciences politiques (à la ret
 raite mais n’ayant pas souhaité être « émérite »), chercheur associé à LAM 
 (Les Afriques dans le Monde, Sciences Po Bordeaux) a commencé par travaille
 r sur l’analyse de régimes politiques en Afrique de l’Est puis dans les Car
 aïbes. Plus généralement, il a animé et produit des recherches sur les « id
 entités » en politique, ainsi que sur les musiques et les fêtes populaires 
 (carnavals notamment). Son intérêt pour la musique l’a poussé à développer 
 des recherches en sociologie (politique) de la musique. Dans cette perspect
 ive, il a travaillé sur les musiques noires des Caraïbes de colonisation br
 itannique (Jamaïque, Trinidad et Tobago) et des États-Unis, ainsi que sur l
 es « musiques du monde ». Après plusieurs années d’enquêtes de terrain en A
 frique du Sud, il a publié divers travaux sur le jazz et les musiques popul
 aires sud-africaines, ainsi que sur les pratiques festives et musicales spé
 cifiques au Cap. Il a publié deux volumes sur ces sujets : Sounding the Cap
 e, Music, Identity and Politics in South Africa (https://www.africanminds.c
 o.za/sounding-the-cape-music-identity-and-politics-in-south-africa/), Somer
 set West, African Minds, 2013 et Cape Town Harmonies, Memory, Humour and Re
 silience (https://www.africanminds.co.za/cape-town-harmonies/), Somerset We
 st, African Minds, 2017 (avec Armelle Gaulier). Il a présenté un bilan de s
 es travaux en sociologie des musiques populaires dans : Plus que de la musi
 que, Musiques, sociétés et politique, Caraïbes, États-Unis, Afrique du Sud,
  Paris, Mélanie Séteun, 2020.\nAurélie Helmlinger (CNRS, CREM-LESC)\nLes Mi
 dnight Robbers de Trinidad &amp; Tobago :  fabrique d’un discours créole\nO
 n cherchera ici à comprendre ce que les propositions venues des intellectue
 ls de la créolité (Glissant, Chamoiseau, Confiant, Bernabé) peuvent apporte
 r à l’analyse d’une des figures emblématiques du carnaval de Trinidad &amp;
  Tobago : les Midnight Robbers. Appartenant à la catégorie des « old mas »,
  ou « traditional mas », les figures plus théâtrales, et perçues comme « an
 ciennes », ou « traditionnelles », et décrites sous ce nom depuis le début 
 du xxe siècle (Hill 1997 [1972], Cowley 1999), les Midnight Robbers sont ca
 ractérisés par un costume aujourd’hui inspiré par les révolutionnaires mexi
 cains, avec un chapeau géant et des revolvers, et surtout un mode discursif
  érigeant la vantardise en art oratoire. Menaçants et hâbleurs jusqu’à la c
 aricature, ils n’inquiètent jamais vraiment : on qualifie volontiers à Trin
 idad les rodomontades de « Robber talk ». On présentera les caractéristique
 s formelles du discours, et l’on verra comment le prisme des réflexions sur
  la créolité peut être opérant pour l’analyse de cette figure du carnaval.\
 nPhoto : Midnight Robber (© Preddie Partap 2010)\nAurélie Helmlinger (CNRS)
  LESC-CREM, UMR 7186, est spécialiste des steelbands de Trinidad &amp; Toba
 go, et paniste (musicienne de steelpan). Au CNRS depuis 2009 au sein du Cen
 tre de Recherche en ethnomusicologie, elle a publié l’ouvrage Pan Jumbie en
  2012, un travail dont l’approche pluridisciplinaire, associant anthropolog
 ie et sciences cognitives, avait été salué par le prix de thèse du Musée du
  Quai Branly (2007). Elle a entrepris le projet Pan-e-Pedia, une recherche 
 sur les topologies des steelpans (ergonomie instrumentale), soutenu par la 
 fondation Fyssen.\nNicolas Prévôt (UPN, CREM-LESC)\nFanfares de bambou à Su
 lawesi : « grand remplacement » musical ou créolisation ?\nEn tant que symb
 ole colonial, les fanfares n’ont cessé d’être réinventées par les habitants
  de Sulawesi du Nord (Indonésie) depuis plus d’un siècle, soit à partir de 
 bambous emboîtés ou collés, soit à partir de plaques de zinc assemblées. Da
 ns la péninsule de Minahassa et dans les îles Sangihe, on en compte aujourd
 ’hui des centaines, réunissant souvent une quarantaine de musiciens d’un mê
 me village, qui perpétuent oralement un répertoire polyphonique néerlandais
  (hymnes, marches, valses, polkas, etc.) enrichi des musiques populaires in
 donésiennes ou occidentales. Avant même la colonisation hollandaise et les 
 fanfares militaires, l’histoire de cette région est profondément marquée pa
 r l’évangélisation et l’œuvre des missionnaires européens, jusqu’à l’imposi
 tion d’un répertoire liturgique et d’un système musical qui semblent avoir 
 remplacé toute pratique vernaculaire. Que reste-t-il de l’esthétique musica
 le et des valeurs locales ? Les musik bambu, fanfares de bambou, ont-elles 
 effacé ou englobé le passé pré-colonial ? Sont-elles le résultat d’une subs
 titution ou le fruit d’une créolisation ? A partir d’une ethnographie récem
 ment entamée, cette présentation apportera probablement plus de questions q
 ue de réponses.\nPhoto : Sangihe, music bambu (© Nicolas Prévôt 2025)\nNico
 las Prévôt est maître de conférences en ethnomusicologie (département d’ant
 hropologie, Université Paris Nanterre), membre du Centre de recherche en et
 hnomusicologie LESC-CREM. Après s’être intéressé aux répertoires de fanfare
 s rom du sud des Balkans et à leur manipulation à des fins identitaires, il
  a travaillé en Inde centrale sur les rapports entre un panthéon villageois
  et le répertoire musical qui lui est consacré lors de rituels de possessio
 n. Ses recherches portent plus largement sur les enjeux politiques associés
  à la musique et sur les applications possibles de l'ethnomusicologie, que 
 ce soit dans les quartiers jouxtant l’université de Nanterre ou plus récemm
 ent dans le cadre du réaménagement des collections non-européennes du Musée
  de la musique-Philharmonie de Paris. Cette expérience muséale lui a donné 
 l’opportunité de mener un nouveau terrain sur les fanfares de bambou du nor
 d de l’Indonésie.\n
X-ALT-DESC;FMTTYPE=text/html:<p>D’après Édouard Glissant, «&nbsp;la créolisation est la mise en contact 
 de plusieurs cultures ou, au moins de plusieurs éléments de cultures distin
 ctes, dans un endroit du monde, avec pour résultante une donnée nouvelle, t
 otalement imprévisible par rapport à la somme ou à la simple synthèse de ce
 s éléments.&nbsp;» (<em>Traité du Tout-Monde</em>, 1997, p. 37) En partant 
 de cette approche de la créolisation, il s’agira d’interroger si cette «&nb
 sp;donnée nouvelle, totalement imprévisible&nbsp;» a été rencontrée dans le
 s musiques et performances nord-américaines, trinidadiennes, et indonésienn
 es présentées lors de cette demi-journée du séminaire du CREM.</p><p>Au tra
 vers d’études de cas particulières, qui mettent en jeu de manières diverses
  les productions culturelles qui ont émané des rencontres forcées à différe
 ntes périodes historiques entre colons européens, populations locales, escl
 avisé.e.s et afro-descendant.e.s, les travaux confronteront les référentiel
 s multiples qui composent les imaginaires, les instrumentariums, les chants
 , les pratiques et représentations des musiques et performances issues de c
 es histoires connectées.</p><p><strong>14h-15h15&nbsp;: </strong></p><p>Den
 is-Contant Martin (LAM, Sciences-Po Bordeaux)<br /><strong>La créolisation 
 des musiques noires des États-Unis. L’intérêt des récits d’anciens esclaves
  recueillis dans les années 1930</strong></p><p><em>Discussion collective</
 em></p><p><strong>15h30-18h&nbsp;: </strong></p><p>Aurélie Helmlinger (CNRS
 , CREM-LESC)<br /><strong>Les Midnight Robbers de Trinidad &amp; Tobago&nbs
 p;: fabrique d’un discours créole</strong></p><p>Nicolas Prévôt (UPN, CREM-
 LESC)<br /><strong>Fanfares de bambou à Sulawesi&nbsp;: «&nbsp;grand rempla
 cement&nbsp;» musical&nbsp;ou créolisation ?</strong></p><p><em>Discussion 
 collective et remarques conclusives</em></p><p>&nbsp;</p><p><img src="https
 ://mail.lesc-cnrs.fr/images/edjebbari/dcm.png" width="300" height="245" alt
 ="dcm" style="margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; float: left;" />Deni
 s-Contant Martin (LAM, Sciences-Po Bordeaux)<br /><strong>La créolisation d
 es musiques noires des États-Unis. L’intérêt des récits d’anciens esclaves 
 recueillis dans les années 1930</strong></p><p>Dans le cadre du New Deal de
 stiné à combattre les effets de la crise de 1929 aux États-Unis, le gouvern
 ement du président Roosevelt lança un programme destiné à fournir du travai
 l à des écrivains (Federal Writers’ Programme) ; dans ce cadre fut constitu
 ée une Collection de récits d’esclaves (Slave Narratives Collection). En dé
 pit des problèmes méthodologiques posés par les conditions du recueil de ce
 s récits, on y trouve une grande quantité d’informations sur les pratiques 
 musicales et chorégraphiques des esclaves durant la dernière période de l’e
 sclavage (des années 1840 aux années 1860). Ces informations, peu utilisées
  par les historiens des musiques noires des États-Unis, permettent d’enrich
 ir l’analyse&nbsp;en termes de créolisation de la genèse des musiques noire
 s de ce pays telles qu’elles apparaîtront au début du 20ème siècle (sous le
 s étiquettes jazz, blues et gospel). Cette présentation introduira d’abord 
 la problématique de la créolisation appliquée à ces musiques pour, ensuite,
  synthétiser les apports des récits d’anciens esclaves.</p><p>Fig.&nbsp;: <
 em>Dance</em>, Lynchburg, Virginia, 1853.</p><p><strong><em>Denis-Constant 
 MARTIN</em></strong><em>, directeur de recherches à la Fondation nationale 
 des sciences politiques (à la retraite mais n’ayant pas souhaité être «&nbs
 p;émérite&nbsp;»), chercheur associé à LAM (Les Afriques dans le Monde, Sci
 ences Po Bordeaux) a commencé par travailler sur l’analyse de régimes polit
 iques en Afrique de l’Est puis dans les Caraïbes. Plus généralement, il a a
 nimé et produit des recherches sur les «&nbsp;identités&nbsp;» en politique
 , ainsi que sur les musiques et les fêtes populaires (carnavals notamment).
  Son intérêt pour la musique l’a poussé à développer des recherches en soci
 ologie (politique) de la musique. Dans cette perspective, il a travaillé su
 r les musiques noires des Caraïbes de colonisation britannique (Jamaïque, T
 rinidad et Tobago) et des États-Unis, ainsi que sur les «&nbsp;musiques du 
 monde&nbsp;». Après plusieurs années d’enquêtes de terrain en Afrique du Su
 d, il a publié divers travaux sur le jazz et les musiques populaires sud-af
 ricaines, ainsi que sur les pratiques festives et musicales spécifiques au 
 Cap. </em><em>Il a publié deux volumes sur ces sujets&nbsp;: </em><a href="
 https://www.africanminds.co.za/sounding-the-cape-music-identity-and-politic
 s-in-south-africa/"><em>Sounding the Cape, Music, Identity and Politics in 
 South Africa</em></a><em>, Somerset West, African Minds, 2013 et </em><a hr
 ef="https://www.africanminds.co.za/cape-town-harmonies/"><em>Cape Town Harm
 onies, Memory, Humour and Resilience</em></a><em>, Somerset West, African M
 inds, 2017 (avec Armelle Gaulier). </em><em>Il a présenté un bilan de ses t
 ravaux en sociologie des musiques populaires dans&nbsp;: Plus que de la mus
 ique, Musiques, sociétés et politique, Caraïbes, États-Unis, Afrique du Sud
 , Paris, Mélanie Séteun, 2020.</em></p><p><img src="https://mail.lesc-cnrs.
 fr/images/edjebbari/aurélie.png" width="300" height="200" alt="aurélie" s
 tyle="margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; float: left;" />Aurélie Helm
 linger (CNRS, CREM-LESC)<br /><strong>Les Midnight Robbers de Trinidad &amp
 ; Tobago&nbsp;:&nbsp; fabrique d’un discours créole</strong></p><p>On cherc
 hera ici à comprendre ce que les propositions venues des intellectuels de l
 a créolité (Glissant, Chamoiseau, Confiant, Bernabé) peuvent apporter à l’a
 nalyse d’une des figures emblématiques du carnaval de Trinidad &amp; Tobago
 &nbsp;: les Midnight Robbers. Appartenant à la catégorie des « old mas », o
 u « traditional mas », les figures plus théâtrales, et perçues comme «&nbsp
 ;anciennes », ou « traditionnelles », et décrites sous ce nom depuis le déb
 ut du xxe siècle (Hill 1997 [1972], Cowley 1999), les Midnight Robbers sont
  caractérisés par un costume aujourd’hui inspiré par les révolutionnaires m
 exicains, avec un chapeau géant et des revolvers, et surtout un mode discur
 sif érigeant la vantardise en art oratoire. Menaçants et hâbleurs jusqu’à l
 a caricature, ils n’inquiètent jamais vraiment : on qualifie volontiers à T
 rinidad les rodomontades de « Robber talk ». On présentera les caractéristi
 ques formelles du discours, et l’on verra comment le prisme des réflexions 
 sur la créolité peut être opérant pour l’analyse de cette figure du carnava
 l.</p><p>Photo : Midnight Robber (© Preddie Partap 2010)</p><p><strong><em>
 Aurélie Helmlinger</em></strong><em> (CNRS) LESC-CREM, UMR 7186, est spécia
 liste des steelbands de Trinidad &amp; Tobago, et paniste (musicienne de st
 eelpan). Au CNRS depuis 2009 au sein du Centre de Recherche en ethnomusicol
 ogie, elle a publié l’ouvrage Pan Jumbie en 2012, un travail dont l’approch
 e pluridisciplinaire, associant anthropologie et sciences cognitives, avait
  été salué par le prix de thèse du Musée du Quai Branly (2007). Elle a entr
 epris le projet Pan-e-Pedia, une recherche sur les topologies des steelpans
  (ergonomie instrumentale), soutenu par la fondation Fyssen.</em></p><p><im
 g src="https://mail.lesc-cnrs.fr/images/edjebbari/nicolas.png" width="300" 
 height="168" alt="nicolas" style="margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; 
 float: left;" />Nicolas Prévôt (UPN, CREM-LESC)<br /><strong>Fanfares de ba
 mbou à Sulawesi&nbsp;: «&nbsp;grand remplacement&nbsp;» musical&nbsp;ou cré
 olisation&nbsp;?</strong></p><p>En tant que symbole colonial, les fanfares 
 n’ont cessé d’être réinventées par les habitants de Sulawesi du Nord (Indon
 ésie) depuis plus d’un siècle, soit à partir de bambous emboîtés ou collés,
  soit à partir de plaques de zinc assemblées. Dans la péninsule de Minahass
 a et dans les îles Sangihe, on en compte aujourd’hui des centaines, réuniss
 ant souvent une quarantaine de musiciens d’un même village, qui perpétuent 
 oralement un répertoire polyphonique néerlandais (hymnes, marches, valses, 
 polkas, etc.) enrichi des musiques populaires indonésiennes ou occidentales
 . Avant même la colonisation hollandaise et les fanfares militaires, l’hist
 oire de cette région est profondément marquée par l’évangélisation et l’œuv
 re des missionnaires européens, jusqu’à l’imposition d’un répertoire liturg
 ique et d’un système musical qui semblent avoir remplacé toute pratique ver
 naculaire. Que reste-t-il de l’esthétique musicale et des valeurs locales ?
  Les <em>musik bambu</em>, fanfares de bambou, ont-elles effacé ou englobé 
 le passé pré-colonial ? Sont-elles le résultat d’une substitution ou le fru
 it d’une créolisation ? A partir d’une ethnographie récemment entamée, cett
 e présentation apportera probablement plus de questions que de réponses.</p
 ><p>Photo : Sangihe, <em>music bambu</em> (© Nicolas Prévôt 2025)</p><p><st
 rong><em>Nicolas Prévôt</em></strong><em> est maître de conférences en ethn
 omusicologie (département d’anthropologie, Université Paris Nanterre), memb
 re du Centre de recherche en ethnomusicologie LESC-CREM. Après s’être intér
 essé aux répertoires de fanfares rom du sud des Balkans et à leur manipulat
 ion à des fins identitaires, il a travaillé en Inde centrale sur les rappor
 ts entre un panthéon villageois et le répertoire musical qui lui est consac
 ré lors de rituels de possession. Ses recherches portent plus largement sur
  les enjeux politiques associés à la musique et sur les applications possib
 les de l'ethnomusicologie, que ce soit dans les quartiers jouxtant l’univer
 sité de Nanterre ou plus récemment dans le cadre du réaménagement des colle
 ctions non-européennes du Musée de la musique-Philharmonie de Paris. Cette 
 expérience muséale lui a donné l’opportunité de mener un nouveau terrain su
 r les fanfares de bambou du nord de l’Indonésie.</em></p>
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